Facebook veut-il écraser Foursquare ?

Le par | Catégorie: Novice, Réseaux sociaux.

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Depuis maintenant plusieurs mois, le leader des réseaux sociaux cherche avec le temps à affirmer sa suprématie sur la sphère sociale en multipliant les innovations. La dernière en date est naturellement le graph search qui vous a déjà été présenté par ma consoeur Anne Delaunay sur le blog YouSeeMii. Dès le lendemain de l’annonce, les valeurs des actions en bourse de Yelp! chutaient de 6,2%. La venue de cet outil m’a donc inspiré une question au sujet d’un concurrent dont on parle peu vis-à-vis de Facebook: le réseau social de géolocalisation Foursquare.

Une concurrence qui ne date pas d’aujourd’hui

Est-ce que Mark Zuckerberg cherche à marcher sur les platebandes de son concurrent ?

La réponse est oui et j’ajouterai même que ça ne date pas d’hier !

Allez prenons une Dolorean et direction l’an 2009 ! La naissance du bébé Foursquare se déroula un 15 Mars 2009 à New-York et de quatre papas bien connus de la sphère des start-ups web: Dennis Crowley, Naveen Selvadurai, Harry Heymann, Nathan Folkman et Mike Singleton.

L’outil connaît une très bonne courbe de croissance car ce dernier passa dès le 22 avril 2010 la barre symbolique des 1 millions d’utilisateurs. Encore mieux, Foursquare doublera ce chiffre dès le 10 juillet 2010… Une nouvelle qui chatouillera un certains Facebook qui décida à son tour de se positionner sur le marcher de la géolocalisation en lancant « Places » le 19 août 2010.

Facebook Places avait dans un premier temps le but d’apporter un nouveau service à ses membres mais aussi de faire évoluer ses pages fans destinées aux entreprises tout en apportant des informations précises sur les « check-ins » des utilisateurs.

 

La résistance signée Foursquare

Depuis, Foursquare a aussi fait son petit bonhomme de chemin et détient à l’heure actuelle 25 millions d’utilisateurs pour plus de 2,5 milliards de check-ins en 2012. Le réseau social de géolocalisation a d’ailleurs séduit plus d’un millions d’entreprises pour l’utiliser dans leur politique de fidélisation. Assurément l’outil a survécu aux premières attaques de Facebook…

La raison ? Facebook Places connaît un bilan mitigé puisqu’il n’aura jamais atteint les espérances qu’on lui présageait. Il faut dire que cela provient directement des décisions de Facebook via ses mises à jours qui ont littéralement caché ces fonctionnalités de géolocalisation.

En effet, Facebook permet de tagguer un lieu pour n’importe quel élément partagé: statut (de manière automatique), photos, vidéos… Avec un tel remaniement du processus, Facebook a tout simplement supprimé la notion de « Check-in » pour se consacrer sur la diffusion et le partage de contenu.

Cette décision n’est pas anodine car il ne faut pas oublier une des forces de Foursquare: il ne s’agit pas uniquement d’un système de géolocalisation pour indiquer le lieu où l’on se trouve.

L’outil propose bien plus et dès ses débuts il s’est orienté vers un contenu UGC (User Generated Content) très poussé: partages d’avis (les « tips »), les photos… Le tout associé à deux options ludiques et économiques: la gamification via les badges/titres de mayor et les systèmes de promotions. La dimension sociale était donc plus forte que son concurrent Facebook qui ne cherchait qu’une seule chose: localiser ses utilisateurs.

Foursquare en a même profiter entre temps à faire aussi des mises à jours de son côté en améliorant son apparence graphique, mais surtout s’appuyer sur son outil cartographique pour faciliter la recherche d’informations géolocalisées avec « Explorer » (juin 2012).

 

La contre attaque de Facebook

Naturellement, les réponses de Facebook ne se sont pas fait attendre en proposant à son tour deux solutions équivalentes à Foursquare: les « offres » puis plus récemment une application de recherche de proximité: Nearby.

Les « offres » de Facebook sont disponibles sur les Fan Pages Facebook depuis la mi-septembre 2012 et permettent de proposer des réductions à vos communautés sous différentes formes: en magasins et/ou en ligne. Avantage Facebook puisque cela n’implique pas une géolocalisation du lieu où vous vous trouver, mais le partage de l’information se fait malgré tout auprès de votre réseau.

C’est pourquoi je vais surtout m’attarder sur l’application mobile « Nearby » qui est le fruit direct du rachat de Gowalla (l’ancien concurrent direct de Foursquare) en décembre 2011 ou même Glancee en mai 2012. L’objectif cette fois-ci est de proposer une recherche locale en retrouvant par exemple des hôtels, des restaurants, des cinémas à proximité sans pour autant quitter son réseau social favoris. A noter que l’outil ne propose pas de liens sponsorisés ni même de format display sur cette fonctionnalité… enfin pour le moment car je reste assez dubitatif sur la question (surtout quand on connaît les intentions financières de Facebook ces derniers mois avec son entrée en bourse plutôt tumultueuse).

Naturellement, ce dernier profite de sa base de données d’utilisateurs et cherche dans un premier temps à agrémenter son application mobile mais aussi à en réaliser une indépendante. Toutefois c’était aussi un moyen habile d’améliorer son système de recherche qui vient de faire un bon en avant avec l’arrivée du graph search.


La botte secrète: le Graph search ?

Alors est-ce que Facebook vient à nouveau de cannibaliser une de ses fonctionnalité au détriment d’une autre précipitée ? A mon avis Facebook est en pleine introspection et cherche à mieux comprendre les attentes des internautes. Le graph search n’est pas encore ouvert à tout le grand public mais il est évident qu’il suscitera une certaine curiosité lors de son implantation. Ceux qui ont déjà accès se sont même déjà amusés à faire des recherches borderline pour dénoncer une nouvelle intrusion dans la vie privée et des règles de confidentialités plus ou moins bafouées.

La mise en place d’une telle fonctionnalité explique notamment la position de Facebook sur la géolocalisation automatique des contenus et son focus au détriment du « check-in ». L’objectif était simple: accumuler une base de donnée suffisante pour exploiter un moteur de recherche interne.

Toutefois, est-ce que ce système de recherche va-t-il se pérenniser ? C’est une bonne question et c’est uniquement la pertinence des résultats qui seront ou non séduire le grand public. La première impression sera importance pour démontrer l’utilité de ce nouveau processus dans la recherche. Pour ma part je pense surtout que c’est un excellent moyen pour retrouver de l’information interne et archivée sur Facebook. En d’autres termes, j’imagine que l’utilisateur lambda aura plus tendance à réaliser une recherche sur le réseau social pour retrouver un élément qu’il aura déjà identifié sur celui-ci.

Certes la dimension sociale est un avantage pour Facebook vis-à-vis de Google par exemple (même s’il faut avouer que Google plus est présent mais dans une autre mesure), mais ce dernier possède un avantage fort: une image de marque et une expertise reconnue par tous dans la recherche d’informations. Demain si je souhaite trouver un bon restaurant je me vois mal rechercher dans le graph search mais plutôt taper une requête dans un moteur de recherches pour retrouver un site internet mais surtout les avis de consommateurs qui sont directement intégrés dans Google Adresse et donc Google Maps.

De surcroît, Foursquare dispose d’un plus grand panel de lieux, de tips et de check-ins réalisés vis-à-vis de son homologue Facebook. Il y a donc un cran d’avance pour Foursquare dans l’expertise de la géolocalisation mais aussi sa légitimé sur la recherche locale car il fut un des premiers sur le web à le proposer (avec Google) via une cartographie qui répertorie les lieux les plus populaire tout en mettant en avant des avis de consommateurs.

Pour ma part je pense que la seule solution de Facebook est de confirmer/ancrer l’utilisation du graph search comme étant un moteur de recherche (sociale) à part entière. Néanmoins, il faut avouer que le challenge de taille… Enfin, la seconde qui peut être envisagée peut aussi être tout simplement le rachat de Foursquare (c’est vrai pourquoi se compliquer ?).

En effet, des rumeurs vont dans ce sens et cela s’illustre entre autres par un rapprochement entre les deux acteurs avec des accords communs sur des fonctionnalités:  la possibilité de tagguer des utilisateurs Facebook non inscrits sur Foursquare depuis celui-ci ou même l’intégration complète des checkins Foursquare sur les cartes utilisateurs de Facebook.

Alors est-ce que ce rapprochements entre les deux réseaux sociaux ne sont qu’un meilleur moyen pour fusionner ? Selon moi je pense qu’il s’agit d’une solution envisageable puisque Foursquare arrive petit à petit à maturité avec un nombre d’utilisateur qui stagne de plus en plus. Or, je suis plus confiant sur un rapprochement des deux parties pour améliorer la base de données plus qu’un rachat brut dans l’immédiat. Néanmoins, je vois mal Facebook lâcher cette hypothèse car cela aurait un impact évident sur ses fonctionnalités actuelles et sans oublier que le business model de Foursquare fait un envieux à la fièvre acheteuse: Mark Zuckerberg.

Enfin, une telle hypothèse n’est selon moi envisageable qu’à partir du moment où Facebook aurait tiré à blanc avec ses deux nouvelles fonctionnalités pour clouer Foursquare: Nearby et dans un second temps le graph search.

Pour même aller encore plus loin dans la réflexion, une rumeur se propage ces dernières heures sur le lancement d’une nouvelle application (du type Messenger) qui permettrait de localiser vos amis… un Foursquare bis en somme. Bref, là encore il va falloir séduire le grand public et surtout déloger ceux qui sont déjà sur Foursquare (ce qui n’est pas gagné d’avance).

 

Et vous, quel est votre avis sur la question ? Vous imaginez comment la situation de Facebook et Foursquare dans 1 an ?

 

Matthieu Dixte

Matthieu Dixte

Matthieu Dixte

Digital Native et Webmarketeur grâce à des études associant tourisme, commerce et webmarketing. Une devise simple rythme mon quotidien pour améliorer au maximum l’expérience client : KISS (Keep It Simple and Stupid).
Matthieu Dixte

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  • http://twitter.com/mhoudbine Martin Houdbine

    Je pense que l’avenir de facebook/4sqr est à mettre en perspective avec les dernières déclarations de Zuck ces derniers mois où il dit que Facebook est une entreprise « Mobile, Mobile, Mobile ». Ces phrases sont passées relativement inaperçues mais c’est quand même une position très claire et très lourde de conséquences qui a été prise.

    L’arrivée du Facebook Home et l’optimisation du site web par rapport à l’appli smartphone (et non l’inverse !) notamment, couplées à la généralisation des réseaux 4G et à l’explosion du m-commerce pour fin 2013 nous montre que Facebook va réellement se consacrer uniquement aux smartphones.

    Et qui dit smartphone dit automatiquement Géolocalisation et données de mobilité. Mais une nouvelle forme de géolocalisation, plus ciblée, orientée vers d’autres features plus sociales que le simple « check-in » (un peu comme les Google Glasses).

    Bref, pour moi, Facebook n’a absolument pas oublié la géolocalisation, et s’il essaie en ce moment de relancer des applis comme Gowalla, Nearby et Places, je pense que c’est plutôt pour défricher le terrain, analyser les comportements utilisateurs et préparer quelque chose de gros (qui, cela étant dit, peut passer par un rachat, une joint-venture ou deux nouvelles features from scratch).