Faut-il réellement quitter le navire Facebook pour Google + ?

Le par | Catégorie: E-reputation, Réseaux sociaux.

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Décidément, la baisse du reach est vraiment un sujet à la mode ces derniers temps. L’accumulation d’études et d’articles sur la toile ne cessent de démontrer le bridage négatif de l’edgerank Facebook sur la visibilité organique des publications. A tel point que certains community managers estiment qu’on leur force la main pour investir sur de l’achat de visibilité via le Facebook ads.

D’autres se posent même la question s’ils ne doivent pas migrer vers d’autres plateformes pour maintenir une visibilité “gratuite”. Or, le réflexe naturel pour eux serait de se porter vers Google + qui s’apparente au cousin germain de Facebook… Qu’en est-il ? Est-ce que cela résout réellement le problème de visibilité ? S’agit-il d’une solution judicieuse sur le long terme ?

Facebook et Google Plus : les faux jumeaux.

Longtemps grimé, Google Plus a souvent été assimilé à de fausses idées qui le caractérisaient en une mauvaise copie de Facebook ou même un désert du web… Sauf qu’aujourd’hui avec la baisse de visibilité sur Facebook, on remarque de plus en plus sur les forums, des personnes qui se posent réellement la question de migrer vers la plateforme du célèbre moteur de recherche. Or, il s’agit à mon sens d’un raccourci très primaire…

Peut-on vraiment comparer Google Plus à Facebook ? Sont-ils les mêmes outils avec les mêmes usages, les mêmes utilisateurs, les mêmes codes de langages ? Cela n’engage que moi, mais je pense que la réponse est non.

Certes, ils disposent de fonctionnalités similaires d’un point de vue technique : créations de publications (photos/vidéos/articles/liens web/statuts textes), groupes, album photos, évènements, jeux, géolocalisation… Cependant, Google Plus ne dispose pas du même historique que Facebook (l’outil ne fut ouvert au public qu’en septembre 2011) et même si G+ connaît une croissance plus forte que le réseau de Zuckerberg, les différentes études ont la fâcheuse tendance à démontrer que les membres y consacreraient moins de temps que sur Facebook.

En effet, selon Nielsen, le temps passé sur le réseau G+ est en moyenne de 6 minutes et 47 secondes par mois. Un chiffre peu valorisant mais qui au final ne veut absolument rien dire. Par exemple, le CEFRIO indiquait dans son rapport sur les médias sociaux au Québec que même si “Google+ compte 2,5 fois moins d’utilisateurs (22,6% des internautes) que son grand rival Facebook, ses adeptes y passent tout autant de temps avec 5,6 h hebdomadaires”.

Donc oui, vous allez me dire qu’on peut évoquer tout et son contraire avec des résultats d’enquêtes. Je vous l’accorde les chiffres ne trompent jamais, il n’y a que des chiffreurs qui “mentent”. Toutefois, cela démontre qu’il existe des divergences selon le panel que vous avez sondé. De quoi conforter une idée que nous avons toujours défendu sur ce blog : chaque canal de communication et chaque communauté sociale est unique.

Une telle singularité conforte ainsi l’idée que les communautés Facebookiennes sont différentes de Google +. Vous ne retrouverez pas les mêmes membres chez l’un ou chez l’autre. Les contenus éditoriaux, les codes de langages sont donc à diversifier pour vous rapprocher au plus près possible de votre communauté. Terminé les photos de chats mignons : pour générer de l’engagement de qualité autour de votre marque, il faudra faire des efforts (merde alors, c’est un vrai job en fait ?).

Audience vs Conversations

Ce qui me chagrine bien souvent dans notre métier, c’est qu’on nous parle à chaque fois d’audience : 1 milliard de membres Facebook dans le monde mais surtout 26 millions en France contre 5 millions pour Google plus. Oui il s’agit de chiffres colossaux, mais qu’en est-il de la part de vos clients ? Combien sont présents sur Facebook ou Google + ?

Le panel sur Facebook est certes plus important et donc proportionnellement parlant vous augmentez vos chances que vos clients y sont présents, mais cela n’indique pas pour autant que vous n’avez pas de clients potentiels sur Google…  Alors oui c’est vrai les chiffres sont gonflés car le moteur de recherche force la création d’un compte sur son réseau social pour avoir accès à l’ensemble de ses services (Youtube, Gmail, Google drive…).

Pour autant il existe d’autres réseaux sociaux auxquels on ne se pose aucune question concernant leur utilisation alors qu’ils comptent eux aussi un nombre d’utilisateurs plus faible que Facebook. C’est le cas par exemple de Twitter, Instagram ou même Pinterest qui à titre d’exemple compte uniquement 157 000 membres en France. Est-ce que pour autant que l’outil n’est pas exploitable dans votre stratégie Social Media ? (Évidemment c’est une question rhétorique et vous connaissez déjà ma vision à ce sujet : http://blog.youseemii.fr/comment-exploiter-pinterest-au-profit-de-sa-marque )

Les réseaux sociaux sont avant tout des médias conversationnels. Ce n’est pas parce que vous êtes présents sur une page Facebook, que vous êtes pour autant une marque sociale. Les outils ne font pas la stratégie de marque, le capital sympathie ou même la satisfaction clientèle. En effet, ce n’est pas parce que vous possédez une brosse à dents que cela fait forcément de vous un dentiste…

Conversation Pop Art

L’écoute à travers la veille et les échanges que vous avez avec vos internautes sont des impératifs pour votre réussite social media. La course aux nombre de fans est devenu obsolète et s’il n’y a qu’une chose à retenir c’est la valeur ajoutée que vous apportez à vos clients.

Le Social Media dans la majeur partie des cas n’est pas fait pour réaliser une transformation e-commerce d’un point de vue directe. Il s’agit avant tout d’outils qui favorisent votre notoriété, votre image et les services que vous pouvez apporter à vos membres. C’est la e-réputation sociale qui aura davantage d’impact sur votre situation commerciale. Or, cette réputation proviendra à la fois de votre communication / community management, mais surtout du contenu UGC (User Generated Content) qui est produit sur les réseaux sociaux.

Qu’il s’agisse de Facebook, Twitter ou Google +, ils dépendront quoiqu’il arrive de ce que vous en faites. Qu’est-ce qui est le mieux : générer de la visibilité en demandant aux personnes de liker / partager ou créer une publication de qualité respectant vos valeurs de marques et d’échanger avec vos membres ? Libre à vous de choisir mais j’ai une préférence pour la seconde solution 😉

Et là je vais retirer ma casquette de Responsable Social Media, mais je pense que c’est une bonne chose pour le consommateur. Qu’est-ce qu’un internaute recherche lorsqu’il va sur Facebook ? Il cherche à se détendre, passer du bon temps, se socialiser et donc communiquer avec son entourage proche ou lointain (amis, connaissances, famille, collègues, confrères…).

De manière personnelle, je ne connais aucune personne qui s’est créé un compte Facebook pour se dire “Tiens c’est génial je vais me créer un profil pour recevoir un tas de messages publicitaires provenant de marques” (de manière similaire avec une boîte e-mail qui sert à l’origine à communiquer entre individus). Votre légitimité à être présent sur les réseaux sociaux ne doit se résumer qu’en un seul leitmotiv : les conversations. Echangez avec vos fans, créez de la proximité, apportez de l’humain dans votre communication, proposez des services supplémentaires à vos internautes.

Google plus, nouvel eldorado de la visibilité ?

“Oui c’est bien beau ce discours de qualité et d’engagement, mais si je balance des messages dans le vide, ça ne sert à rien !”. Et bien oui je ne peux qu’être d’accord avec cette idée car sans visibilité, il est plus difficile d’engager un lectorat… Même si le contenu généré sur les réseaux sociaux reste techniquement parlant ancré dans le temps, ce dernier n’en reste pas moins éphémère.

En effet,  90% des interactions provenant des internautes sont réalisées depuis leur fil d’actualité. Un newsfeed qui ne cesse d’être mis à jour face à la multitude de flux d’informations générés sur les différentes plateformes sociales. A tel point que la durée de vie d’un tweet est de l’ordre de 2h50 et de 3h10 pour un post Facebook… Vos messages sont donc figés dans le temps à un instant t.

En outre, c’est cette masse d’informations générée qui pose réellement problème à Facebook. Il est dans l’obligation de réaliser un tri pour les utilisateurs afin qu’ils puissent voir davantage de contenu en cohérence avec leurs affinités (pages qui les intéressent le plus ainsi que leur cercle privé d’amis).

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Alors oui c’est vrai, ils en abusent sûrement pour s’assurer une rentabilité à travers ce discours qui défend les intérêts des internautes. Mais n’est-ce pas la même chose avec Google ? Pendant très longtemps le moteur de recherche était lui aussi gratuit et il a du faire face à l’augmentation de contenus à référencer. Google a réalisé avec le temps une sélection plus pointilleuse afin de se rapprocher au plus proche des besoins et ce qui intéresse les internautes.

Par conséquent, il paraît un peu simpliste de se dire “Ok j’ai 20 000 fans Facebook mais seulement 200 d’entre eux peuvent voir mes publications… C’est cool j’ai 300 abonnés sur G+ je vais maintenant communiquer sur celui-ci car au moins on va me lire”. Cette réflexion est logique d’un point de vue mathématiques, mais qu’en est-il du côté de l’utilisateur ? Il s’en moque totalement d’être 1 parmi 20 000 ou 300. Ce qui l’intéresse c’est d’être unique et d’avoir une relation de proximité avec vous.

De surcroît, qu’est-ce qui affirme que Google ne réalisera pas non plus un bridage de visibilité sur sa plateforme si tout le monde migrait (ou non) vers son outil ? C’est le serpent qui se mord la queue… Pourquoi êtes vous présent sur les réseaux sociaux ? Vous recherchiez de la proximité ou de la visibilité ?

S’il s’agit de la seconde solution alors pourquoi serait-il un problème de réaliser de l’achat média ? Les réseaux sociaux sont des médias à part entière et comme d’autres supports de communication classique, il est tout autant légitime d’acheter la visibilité et l’accès indirect à une base de données (qui détient de nombreux avantages).

Ainsi Google+ ne va pas obligatoirement sans Facebook. Il ne s’agit que de plateformes dont vous n’avez pas la maîtrise entière. Chaque outil dépendra des usages qui sont réalisés par les internautes et dépendent ainsi d’effets de modes ou d’évolutions dans la communication numérique. C’est donc à vous de vous adapter à vos clients et de les écouter. Les réseaux sociaux ne sont que des tuyaux pour transmettre de l’information et/ou être accessible auprès de vos clients. Peu importe qu’il s’agisse de Facebook, Google+, Instagram, Snapchat… il ne s’agit que d’outils qui vous aideront dans une réflexion globale de communication (quelle soit digitale ou non). Ils sont donc à la fois différents et complémentaires…

Enfin, si vous désirez en savoir plus sur Google+ je vous recommande l’interview de Sebastien Defrance sur notre blog au sujet des ressources sous-estimées de Google+, ainsi qu’une infographie qui propose quelques conseils pour créer de l’engagement sur l’outil.

Matthieu Dixte

Matthieu Dixte

Matthieu Dixte

Digital Native et Webmarketeur grâce à des études associant tourisme, commerce et webmarketing. Une devise simple rythme mon quotidien pour améliorer au maximum l’expérience client : KISS (Keep It Simple and Stupid).
Matthieu Dixte

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