Hashtags Facebook: constats et conseils pour les marques

Le par | Catégorie: Novice, Réseaux sociaux.

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Ca y est c’est officiel ! On peut enfin utiliser les hashtags sur Facebook. D’ailleurs on vous en parlait déjà sur YouSeeMii en se posant la question s’il s’agissait d’une rumeur pertinente ou d’un échec assuré. Dans ce billet j’y abordais notamment l’intérêt de Facebook de se positionner sur cette « technologie » (complément d’outils, compétitivité, légitimité d’acquisition, publicité…) mais aussi ses freins (manque de contenu public, problème de timing, le graph search). L’équipe de Mark Zuckerberg vient donc de se décider à franchir le cap en rendant désormais les hashtags cliquables sur la plateforme sociale. Peu étonnant lorsque l’on connaît le potentiel viral de Facebook qui analysait déjà les conversation sur sa plateforme sociale. Dernier exemple en date avec le « Mariage sanglant » de Game of Throne (Saison 3 – Episode 9) qui a suscité à lui seul 1,5 millions de mentions sur Facebook !

Alors concrètement comme cela s’illustre sur Facebook ?

Terminé les hypothèses et les plans sur la comète, la démocratisation de la fonctionnalité technique durant le week-end, nous permet enfin d’en savoir un peu plus sur l’intégration des hashtags Facebook. A l’heure actuelle il existe trois possibilités de retrouver les fameux mots-dièses sur la plateforme: en résultats du graph search, dans les publications et enfin à travers les partages d’autres réseaux sociaux. 

Résultats Graph Search

Évoqué comme un des freins durant notre dernier billet, les résultats du graph search ont encore du chemin à parcourir avant de convaincre l’utilisateur lambda dans son utilisation quotidienne. En effet, une des problématiques est qu‘il ne s’agit pas naturellement d’un réflexe de rechercher du contenu, ni même de partager ce dernier de manière publique afin d’anticiper sa trouvabilité.

Par nature, lorsque le contenu est partagé publiquement, c’est que l’utilisateur ne maîtrise pas obligatoirement les paramètres de confidentialité, ou bien qu’il s’agit tout simplement d’une page facebook qui publie par défaut en mode « public ».

Néanmoins, rien n’indique que dans un avenir proche les codes comportementaux ne vont pas changer et conforter les objectifs de Facebook à travers la valorisation de son outil de recherche. L’arrivée des « mots dièses » sont d’ailleurs un argument supplémentaire dans l’utilisation de son moteur de recherche qui devient ainsi la scène principale de la mise en avant de cette fonctionnalité.

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Le réseau social y consacre même une catégorie bien distincte nommée Hashtag qui se place ainsi au même rang que d’autres contenus tels que les utilisateurs, les photos, les films, les musiques, les photos…

Bref, tout porte à croire que Facebook mise sur son outil pour drainer des impressions et des visites auprès des hashtags. Un moyen simple par la même occasion d’anticiper le potentiel publicitaire de son moteur de recherche à travers les hashtags.

Une fois votre recherche réalisée, vous retrouverez par ordre anti-chronologique les contenus mentionnant au moins une fois le hashtag que vous venez de rechercher et  dont vous pouvez avoir accès naturellement. Par là, j’entends le contenu public (partagé par les internautes et les pages), mais aussi le contenu partagé par votre cercle d’amis.

resultats-recherche-graphsearch-hashtag

A noter que de manière semblable à votre page d’accueil, il est tout à fait possible de réaliser un feedback sur les publications associées à un hashtag (qu’il soit ou non dans votre réseau direct). Pour être encore plus précis, il est possible de s’abonner aux interactions associées à la publication, y apporter un retour négatif à travers une dénonciation (contenu incitant à la haine, spam…) ou même en cachant tout simplement le contenu dans vos résultats de recherche.

Cela peut paraître anodin au premier abord mais ce petit détail technique peut rassurer certains utilisateurs qui craignent de se voir spammer dans ses résultats de recherches. Facebook semble clair dans sa vision: il souhaite a priori apporter une expérience utilisateur la plus cohérente possible (plutôt logique s’il veut que ça lui soit bénéfique par la suite).

De surcroît, le système d’abonnement aux notification d’un contenu peut être une piste d’utilisation auprès des marques.

En effet, en plus d’apporter une visibilité supplémentaire aux publications via le référencement naturel dans le moteur de recherche, il est tout à fait envisageable d’inciter les internautes à s’abonner à votre contenu publié afin d’organiser une conversation autour d’une même publication.

C’est sûrement une des solutions qui peut parer le risque d’engorgement de l’information en temps réel si chaque internaute y mets son petit grain de sel pour converser avec d’autres utilisateurs.

Les marques qui prendront cette initiative pourraient ainsi avoir la main mise sur les conversations tout en générant plus d’engagement auprès de la marque. Le système de « réponse » à travers les commentaires y trouverait aussi sa légitimité en donnant un faux air de forum autour d’un seul et unique contenu partagé sur la plateforme sociale.

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Publications User Generated Content

Comme indiqué un peu plus tôt dans l’article, les hashtags sont tout à fait réalisables par le biais des publications de n’importe quel internaute. C’est le paramètre de confidentialité indiqué par le créateur du contenu, qui délimitera la zone de diffusion. Par conséquent, il y a de fortes chances que vous ne retrouviez principalement que le contenu partagé par votre réseau proche d’internautes.

Or, ce serait sous-exploiter voire même brider les possibilités de visibilité que proposent les hashtags. Comme quoi cela dépendra une nouvelle fois de l’utilisation et le façonnage qui se réalisera dans les mois à venir par les internautes eux-mêmes.

Néanmoins, il ne s’agit que des prémices de l’affichage des hashtags et il y a fort à parier que les choses vont évoluer dans un avenir plus ou moins proche.

Il est par exemple étonnant de ne pas voir référencer dans les résultats de recherches les hashtags présents dans les commentaires des utilisateurs. En outre, même s’il est possible d’intégrer des mots-dièses dans ses publications, il ne s’agit que d’une porte d’entrée supplémentaire vers les résultats associés qui mentionnent ce contenu (cf. résultats de recherches).

Dans notre cas de figure, le hashtag réalisé par un internaute lambda qui publie en mode « privé », n’est donc en quelque sorte qu’un call to action façon « En savoir plus » afin de rediriger l’internaute vers d’autres sources d’informations.

Enfin, cela n’a de sens que si on considère que l’internaute y trouve un intérêt que ce soit pour lui ou son réseau. Mais bon, il ne faut pas se le cacher, à l’heure actuelle la quasi exclusivité des internautes utilisaient les hashtags uniquement par habitude conversationnelle à travers d’autres réseaux sociaux.

Synergie entre réseaux sociaux

Enfin, la dernière possibilité d’afficher un hashtag cliquable sur la plateforme sociale de Facebook s’illustre à travers l’interaction d’autres réseaux sociaux. Plutôt logique lorsqu’on sait que les hashtags sont présents depuis plus ou moins longtemps sur une multitude de réseaux sociaux. C’est le cas entre autres avec Instagram qui appartient à Facebook, Twitter qui en a fait son fer de lance conversationnel, Pinterest, Tumblr, Flickr ou même Google + !

L’avantage pour les équipes de Facebook est que l’intégration technique des hashtags permet notamment de garder les internautes sur son propre réseau. En effet, si vous cliquez sur un mot dièse associé à un contenu partagé depuis Instagram sur Facebook, vous ne serez pas redirigé sur Instagram mais réorienté vers les pages de résultats associées au hastag en question.

instagram-hashtag-facebook

Là encore, l’argument est d’ordre financier en monopolisant les internautes sur son site internet. Qui dit plus de temps, indique plus de pages consultées, plus d’impressions sur les publicités et par conséquent des chances supplémentaires de titiller le clic compulsif des internautes qui est synonyme de revenus publicitaires.

Une option supplémentaire en attendant l’implantation de contenus sponsorisés sur les pages de résultats hashtags.

Les erreurs à ne pas commettre avec les hashtags Facebook

Pour aller au plus simple, je vous propose 5 conseils de base afin de ne pas commettre d’erreurs de novices en matière de hashtags sur Facebook:

1°) Être trop généreux en hashtag 

Certes, l’utilisation des hashtags va être un plus dans votre démarche conversationnelle, mais comme toutes les bonnes choses il ne faut pas en abuser.

L’accumulation des mots-dièses peut vite altérer la lecture de votre publication et par conséquent desservir l’objectif initial qui est l’interaction avec les utilisateurs. Une vague de hashtags apportera très rapidement une analyse visuelle qui sera négative à l’encontre de votre publication sans même la consulter en détails.

Or, une telle analyse furtive sera amplement suffisante pour certains internautes de vous cataloguer parmi les « tricheurs » et donc les inciter à faire un feedback négatif sur votre contenu. D’ailleurs, il y a fort à parier qu’il s’agit de billes supplémentaires pour Facebook afin de favoriser ou non votre Edgerank.

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2°) #Nejamaisutiliserdeshashtagsbeaucouptroplongs

Le sous-titre parle de lui-même… J’avoue exagérer un peu mais ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de limites de caractères aussi draconiennes que sur Twitter, qu’il est pour autant judicieux de rallonger les posts et les hashtags sur Facebook.

Afin d’illustrer mes propos je vous suggère ceux du poète Nicolas Boileau qui corrobore cette théorie :

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

 

3°) Ne pas choisir le bon hashtag

Cela peut paraître anecdotique à première vue, mais le choix d’un hashtag doit être réfléchi en amont pour optimiser son potentiel de visibilité et de viralité. Une simple recherche sur Facebook ou Twitter vous permettra en amont de vous focaliser sur les hashtags les plus pertinents qui sont utilisés par les internautes.

En outre, il existe une solution très simple et gratuite qui s’appelle Hashtag battle. L’outil vous permettra de confronter différents hashtags lorsque vous avez une hésitation sur le potentiel marketing de votre hashtag.

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4°)  Miser sur les commentaires

Comme indiqué plus tôt dans l’article, les commentaires ne sont pour le moment pas assez biens référencés dans les pages de résultats hashtags Facebook. Il est donc plus judicieux d’utiliser les hashtags sur lesquels vous désirez miser, directement dans le contenu sémantique de vos publications.

Après rien ne vous empêche d’en mettre en commentaires pour réorienter ou mieux communiquer avec vos communautés en utilisant leurs codes de langages web. Néanmoins, c’est se priver un potentiel de visibilité dans certains cas de figure.

5°) Le racolage d’impressions

Ne pas spammer passe aussi par la pertinence des hashtags utilisés. Ces derniers ne doivent pas être hors sujet pour racoler des utilisateurs à travers une quête abusive de la visibilité sur les pages de résultats de recherches.

D’une part cela peut créer une frustration dans la lecture et donc inciter une nouvelle fois les internautes à signaler négativement votre contenu, mais en plus cela décrédibilise votre communication en essayant de tricher avec les codes de communication web. 

 

Matthieu Dixte

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